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Aménager et dimensionner des zones tampons pour la lutte contre l’érosion

Le cas de la maîtrise de l’érosion est abordé ici sous un angle relatif à la qualité de l’eau, c'est-à-dire lié à l’atténuation des transferts de matières en suspension et de contaminants adsorbés (phosphore et certains pesticides) vers les milieux aquatiques récepteurs. Pour ce faire différentes solutions correctives existent (« hydraulique douce »), allant de couverts herbacés jusqu’à l’implantation de haies et fascines voire d’une combinaison des différents dispositifs. Ils apportent par ailleurs bien d’autres bénéfices pour limiter les effets néfastes de l’érosion (coulées boueuses, perte de terre arable, envasement des plans d’eau…).

Bien que ciblés sur un contexte agro-pédo-climatique particulier (secteurs de grandes cultures à limons battant du nord de la France), les travaux menés ces dernières années par l’AREAS (http://www.areas.asso.fr/) ont abouti à la publication de plusieurs guides et références expérimentales en matière de lutte contre l’érosion. Un important travail a notamment été mené au sujet des haies et fascines qui restaient jusqu’à présent assez peu documentées.

Ces travaux reposent en particulier sur une série d’expérimentations visant à déterminer les propriétés hydrauliques des haies et fascines (réduction des vitesses d’écoulement et abattement de la charge solide transportée par ruissellement). Il en est tiré un ensemble de recommandations pratiques destinées aux opérateurs : positionnement dans le bassin versant, dimensionnement, modalités d’implantation et d’entretien, coûts…

On retiendra en particulier que :

L’outil « fascine » est bien adapté pour apporter une réponse immédiate mais temporaire (durant 5 à 7 ans) aux problèmes de transfert d’agrégats ou de particules grossières sur les zones amont des bassins versants. Si elle est correctement aménagée et entretenue, une fascine permet de piéger de 60 à 99 % des particules selon les conditions géomorphologiques, pédologiques, agricoles et climatiques. Toutefois, pour pérenniser l’efficacité du dispositif, il convient soit de prévoir un rechargement régulier du fagot, soit de faire évoluer la fascine vers une haie (fascine « vivante » ou fascine doublée d’une haie jeune).

Exemple de fascine à pieux vivants, destinée à évoluer vers le stade haie. Le dispositif retient les particules érodées dans la parcelle cultivée. L’atterrissement modifie progressivement le profil de pente en créant une zone d’eau calme favorable à la sédimentation. 

L’outil « haie » apporte un taux d’efficacité comparable à celui de la fascine au bout de 10 ans, mais ensuite pour une durée bien plus longue. Compte tenu de son effet très significatif sur l’infiltration, la haie à plat présente un intérêt supplémentaire à la fascine pour intercepter les ruissellements diffus et ré-infiltrer une part des écoulements. La haie sur talus est quant à elle très intéressante car elle offre une efficacité immédiate et la possibilité d’accroitre la protection rapprochée de zones a enjeux en dérivant les ruissellements tout en piégeant les sédiments.

La BD CASTOR : une plate-forme exemplaire de partage de données et d’expérience

 La Base de Données sur la Connaissance des Aménagements de préservation des Sols et des Terres, et des Ouvrages de ralentissement des Ruissellements (http://bdcastor.fr/), développée en partenariat entre l’AREAS et l’agence de l’eau Seine-Normandie, constitue une riche base de données des ouvrages aménagés en Haute-Normandie pour la lutte contre l’érosion.

 
 

Pour en Savoir plus :

  • http://www.areas.asso.fr/

  • Ouvry J-F., Richet J-B., Bricard O., Lhériteau M., Bouzid M., Saunier M (2012). Haies et fascines pour réduire les effets du ruissellement érosif : caractérisation de l’efficacité et conditions d’utilisation. Rapport AREAS, 68 pp. Télécharger

  • Ouvry J-F., Le Bissonnais Y., Martin P., Bricard O., Souchère V. (2010). Les couverts herbacés comme outils de réduction des pertes en terre par érosion hydrique : synthèse des connaissances et expérience de la Haute-Normandie. Fourrages, n°202, pp.103-110.

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