Enjeux : protéger les ressources en eau vis-à-vis des pollutions diffuses

La problématique de protection des ressources en eaux vis-à-vis des pollutions diffuses fait partie intégrante des grands défis sociétaux actuels en se plaçant à l’interface entre enjeux économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires. Sur ce dernier point, les enjeux en question concernent avant tout la préservation de la qualité de la ressource en eau destinée à la consommation humaine et donc la mise en œuvre de mesures pour la protection des captages destinés à l’alimentation en eau potable (www.captages.onema.fr). D’un point de vue environnemental, il s’agit de préserver ou restaurer la qualité des milieux aquatiques naturels pour en garantir un bon équilibre écologique. Parallèlement, il est indispensable de tenir compte de l’activité économique des territoires, notamment en matière d’agriculture.

Couplées à de bonnes pratiques agronomiques, les zones tampons apparaissent de plus en plus comme une solution pertinente pour atténuer les risques de contamination des milieux aquatiques par les pollutions diffuses d’origine agricole.

Contexte règlementaire

Dès l’année 2000, la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) a posé des objectifs ambitieux en matière de reconquête de la qualité des ressources en eaux. Dans le cadre de cette directive, les états membres de l’Union Européenne doivent notamment agir pour protéger leurs captages d’eau potable dans le but de réduire les traitements appliqués à l’eau prélevée et lutter contre la détérioration de la qualité de la ressource. A plus large échelle, il est également donné pour objectif d’atteindre d’ici 2015 le bon état écologique des masses d’eau souterraines et superficielles, que ce soit du point de vue qualitatif, quantitatif ou morphologique... Lire la suite

Les pollutions diffuses

Par pollutions diffuses on entend une contamination des eaux par une substance indésirable dont l’origine n’est pas ponctuelle (comme dans le cas d’un déversement accidentel de produits à proximité d’un point d’eau) mais issue d’une multitude de sources dispersées dans l’espace et dans le temps. Dans le cas des contaminants d’origine agricole et même lorsqu’ils sont appliqués conformément à la réglementation, l’importance des surfaces concernées peut alors conduire, selon la susceptibilité du milieu, à des concentrations résiduelles dans les milieux aquatiques dépassant les normes de qualité pour la production d’eau potable et/ou ayant un impact néfaste sur l’environnement (eutrophisation, risque écotoxicologique…). Ce type de contamination est par ailleurs susceptible de persister dans le milieu pendant une période plus ou moins prolongée (par exemple l’atrazine, substance interdite depuis 2004 mais encore détectée dans les milieux aquatiques). De fait, on comprend les difficultés que pose ce type de pollution vis-à-vis de la protection des ressources en eau dans la mesure où il est nécessaire d’intervenir à moyen et long termes et de manière coordonnée à l’échelle de l’ensemble d’un territoire. En tant qu’espaces interstitiels disposés entre les surfaces émettrices et le milieu aquatique, les zones tampons constituent l’une des solutions possibles pour répondre aux spécificités d’une contamination d’origine diffuse... Lire la suite

Les moyens de lutte contre les pollutions diffuses

Pour garantir une efficacité optimale, une bonne stratégie de lutte contre les pollutions diffuses doit idéalement s’appuyer sur une combinaison de mesures, qu’elles soient préventives ou correctives. Ainsi, il est important de rappeler que la mise en place de zones tampons ne sera pas une solution suffisante ou adaptée dans tous les cas et que la mise en œuvre de pratiques agricoles appropriées dans les parcelles agricoles elles-mêmes devra bien souvent être envisagée en complément (et réciproquement)... Lire la suite